En Février dernier, le cabinet d'étude Gartner communiquait ses prévisions internationales pour l'IoT en 2017 (1) et estimait que cette année, 8,4 millions d'objets seraient prêts à être connectés à internet, soit une augmentation de 31% par rapport à 2016. Gartner ajoute que 63% des produits en vente appartiendraient au marché BtoC, et que le nombre d'unités vendues augmenterait de plus de 50% d'ici à 2020, pour atteindre près de 13 millions d'unités.
Ajoutons que l'année dernière, le cabinet estimait (2) que 43% des entreprises avaient implémenté des technologies de l'IoT ou envisageaient de le faire, et que cette même année, d'après le cabinet d'études IDC (3), les dépenses mondiales en IoT avaient atteint les 737$ milliard de dollars... autant dire que les experts qui ont mené ces études font confiance aux potentialités du marché de l'IoT !

D'un autre côté, dans le cadre notamment de l'évolution des politiques de santé publique, un rapport d'information a été examiné à l’Assemblée Nationale en janvier 2017 (4) invitant les pouvoirs publics à prendre en compte le potentiel des objets connectés et à les intégrer à leur stratégie de prévention allant jusqu'à envisager la possibilité du remboursement partiel des coûts associés à l'acquisition de ces technologies. Ceci va sans doute de pair avec la réalité du consommateur français qui, d'après le sondage OpinionWay pour DistreeConnect (5), présenterait d'avantage d'intérêt pour les objets connectés qu'il connaîtrait mieux qu'en 2016 - près de 6 français sur 10 disent connaitre l'IoT.

Au risque de tomber dans un optimisme aveugle, n'oublions pas que de nombreuses voix se lèvent également pour remettre en question l'intérêt de l'IoT - comme nous avons pu le voir dans un précédent billet. Toutefois, force est de constater que le marché semble se préparer petit à petit à une quantité considérable d'objets du quotidien connectés à internet. Au vu des produits arrivant sur le marché, nous pouvons nous risquer à considérer les produits de l'IoT d'avantage comme autant d'innovations incrémentales, au sens où ils "augmenteraient" des objets existants. De même, les usages, les technologies et certains produits et services associés, sont également porteurs d'innovation ; et c'est là tout l'intérêt de ce marché pour des professionnels du marketing. Les objets du quotidien sont amenés à évoluer, et le terme "quotidien" a toute son importance puisqu'il implique une présence qui vise à passer presque inaperçue en entrant dans nos routines. Ce n'est pas tant une révolution du quotidien qui s'envisage avec l'IoT, mais plutôt une progression des pratiques par la routinisation de nouvelles technologies qui impacterait profondément les méthodes et approches marketing associées.

Le reproche fait à l'IoT est souvent le manque d'utilité ("les objets connectés ne seraient pas indispensables" (6). Si nous observons d'avantage l'IoT dans son implication dans l'évolution des usages, par l'intermédiaire d'objets routiniers, la question même d'utilité semble remise en cause. Qui aurait imaginé au début des années 90 que les textos deviendraient ce qu'ils sont aujourd'hui ? A cette époque, quand on demandait aux français ce qu'ils pensaient de l'idée d'envoyer du texte avec leur téléphone, leur réponse était sans équivoque : "les téléphones sont fait pour parler, pas du tout pour écrire " (pour 85% des français répondant à l'époque). Néanmoins, dès la fin de années 90, en 1997 plus précisément, tous les opérateurs lançaient leur offre sms (à 1 franc par message). Si l'on demandait encore aujourd'hui si le texto est utile et si il a révolutionné les pratiques, les réponses seraient nettement plus enthousiastes ! Cet exemple nous invite à prendre de la distance avec la perception que peuvent avoir les consommateurs de objets connectés ainsi qu'aux questions associées à l'utilité perçue ou même tout simplement, à la prise en compte du facteur "utile" dans l'adoption de ce type de technologies.

objets connectes
Les investissements industriels massifs dans de nombreux secteurs nous poussent à croire que le marché de l'IoT n'en est qu'à ses premiers pas. Dire que les orientations du marché sont susceptibles d'influencer les choix des consommateurs serait trop risqué, néanmoins nous nous trouvons sur un secteur particulier puisque l'IoT vise avant tout des technologies de connectivité qui permettraient d'amorcer d'autres dispositifs techniques bien plus poussés (machine learning, intelligence artificielle, algorithmes prédictifs, etc.). En tant que marketeurs nous nous devons de garder l'esprit ouvert, et à dire vrai, la possibilité d'une pénétration des grandes industries par l'IoT devient de plus en plus concrète et nous nous devons d'anticiper les changements que cela impliquera sur notre métier et nos pratiques.

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Ref : 1. Etude Gartner : "Gartner Says 8.4 Billion Connected "Things" Will Be in Use in 2017, Up 31 Percent From 2016"
2. Etude de Gartner : "Gartner Survey Shows That 43 Percent of Organizations Are Using or Plan to Implement the Internet of Things in 2016"
3. Etude IDC
4. Rapport déposé par les députées Corinne Erhel et Laure de la Raudière : L'internet des objets: le numérique à l'ère de la prédiction
5. Résultats du sondage OpinionWay pour DistreeConnect 
6. Article de France Inter sur l'utilité des objets connectés